
Il me semble que ça ne fait pas si
longtemps que mes parents nous « obligeaient » à aller dehors. Et ceci semblait
être tendance, du moins dans mon coin de pays, car rapidement on se retrouvait
plus d’une dizaine d’enfants à courir partout, jouer ou partir en exploration.
Ce qui semblait coutume à l’époque semble l’être moins aujourd’hui, alors que
nous passons la majorité de notre temps, adultes et enfants, à l’intérieur1,2.
Cependant, l’été est arrivé, c’est donc le moment idéal pour aller dehors, renouer
avec la nature et profiter de ses nombreux bénéfices.
Santé globale — du bien-être
physique au bien-être mental.
Aller dehors, mais pourquoi ? Il
est reconnu que le contact avec la nature offre de multiples bienfaits, tant
sur le plan physique que psychologique. Par exemple, les espaces verts (p. ex. :
les parcs, les forêts) favorisent l’activité physique qui, elle, favorise la motricité
globale, le renforcement musculaire, la santé cardiovasculaire et contribue
également à maintenir un poids santé3,4.
Le contact avec la nature a
également un effet apaisant, réduisant ainsi le stress et l’anxiété. La théorie
de la réduction du stress suggère que, puisque nous avons évolué au sein de la
nature, notre cerveau est programmé pour se sentir en sécurité et détendu lorsque
nous sommes entourés de végétation. Ceci est supporté par plusieurs études qui
ont montré que l’exposition aux environnements naturels diminue les niveaux de
cortisol, l’hormone du stress3,4.
Un bain de soleil pour faire le
plein de vitamine D
Lorsqu’il est question d’aller
dehors, impossible d’ignorer le soleil, principale source naturelle de vitamine
D ; cette fameuse molécule dont une grande partie de la population vivant dans
l’hémisphère Nord a des niveaux cruellement bas. Lorsqu’exposée aux rayons UVB —
la modération est de mise bien sûr — notre peau produit de la vitamine D. Cette
vitamine est essentielle au développement et au maintien des os, du cartilage
et des dents. Elle joue aussi un rôle crucial dans l’activation du système
immunitaire, en régulant plusieurs gènes impliqués dans la réponse immunitaire,
contribuant à la défense de l’organisme face aux infections5.
Et il y a encore plus, aller dehors pourrait
même supporter notre microbiote
Notre microbiote, ces trillions de
microorganismes qui cohabitent avec nous, dans notre intestin et sur notre
peau, par exemple, joue un rôle clé dans notre santé. Bien que la recherche
dans ce domaine soit en constante évolution, on s’entend généralement pour dire
qu’un microbiote sain est un microbiote diversifié. Alors, comment notre
environnement extérieur peut-il supporter notre microbiote ?
Un aspect moins connu de la vitamine
D est son impact sur notre santé intestinale. De plus en plus d’évidences
suggèrent qu’elle contribue à l’équilibre de l’environnement intestinal. Elle renforce
l’intégrité de la barrière intestinale en stimulant, via le récepteur de la
vitamine D, l’expression des jonctions serrées6. Ces protéines agissent comme des « scellants »
entre les cellules de l’intestin, empêchant le passage incontrôlé de bactéries
ou de toxines, par exemple.
De plus, diverses études ont montré
qu’une supplémentation en vitamine D peut moduler le microbiote intestinal7,8.
Une étude pilote a même révélé qu’une exposition répétée à des rayons UVB
augmentait la diversité microbienne intestinale chez des femmes en santé présentant
une carence en vitamine D9.
Ces évidences suggèrent que de
maintenir un niveau adéquat de vitamine D serait bénéfique pour maintenir un
microbiote intestinal équilibré ou diversifié, possiblement via une modulation
de la réponse immunitaire et le maintien de l’intégrité de la barrière
intestinale.
Les milieux naturels — forêts, sols,
végétation, plans d’eau — de véritables réservoirs microbiens susceptibles
de diversifier notre flore microbienne.
L’hypothèse de la biodiversité propose
que la réduction de la diversité microbienne dans nos environnements de vie
modernes, particulièrement en milieu urbain et industrialisé, puisse contribuer
à l’augmentation des maladies chroniques, allergiques et auto-immunes. À l’inverse,
le contact avec la nature favoriserait un microbiote diversifié, affectant
positivement la santé humaine 10.
Une étude d’intervention menée en
garderie a exploré cet effet de la biodiversité sur le microbiome et l’immunité
des enfants. Trois types d’environnements ont été comparés : des garderies
axées sur la nature, des garderies urbaines classiques, et des garderies
urbaines dont les cours ont été enrichies en éléments naturels riches en
micro-organismes (comme du sol forestier et de la tourbe), appelées garderies
d’intervention. Après 28 jours, les enfants de la garderie d’intervention
présentaient un microbiome cutané plus diversifié que les enfants des garderies
urbaines, se rapprochant plutôt de celui des enfants en garderies orientées sur
la nature. Une modulation du microbiote intestinal a été observée, ainsi qu’une
modulation du système immunitaire vers une réponse plutôt anti-inflammatoire11.
Dans une étude similaire, une exposition
accrue à la nature pendant 10 semaines a mené, chez des enfants d’âge
préscolaire, à une réduction du stress, en particulier une réduction de la
fréquence de la colère, un maintien des taux de sérotonine fécale et une
modulation du microbiote intestinal12.
Dans une vaste étude analysant des
échantillons provenant de 9581 participants de 34 pays, un
environnement résidentiel riche en verdure était associé à une plus grande
richesse microbienne au niveau de la peau et de l’intestin, ainsi qu’à une
augmentation de l’abondance des Lactobacillus et Bifidobacterium13.
Bien qu’encore limitée, la recherche
actuelle suggère que de s’exposer à la nature peut positivement moduler la
diversité de notre microbiote intestinal et de la peau.
Bref, que ce soit juste pour le plaisir,
pour se sentir mieux dans son corps ou son esprit, ou même pour donner un coup
de pouce à notre microbiote, c’est le bon moment pour sortir. Alors, profitez
du plein air cet été… et pourquoi pas toute l’année ! »
Références :
1.
Environment and Climate Change Canada. 2022.
Indoor air quality
2.
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Much Less Time Outdoors Than Their Parents Did - and Societal Pressure
Regarding Children’s Activities Isn’t Helping. Nature Valley Survey.
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